Archives des webinaires

Les applications de l'iode 129, le 23 février 2021, 12h00 – 13h30 HNE
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L'interprétation dans un contexte climatique des sections du traceur synoptique 129I à travers l'océan Arctique
Conférencier invité : Dr. John Smith, Institut Bedford en océanographie

Au cours des années 1990, les rejets de 129I des usines européennes de traitement de combustible nucléaire ont augmenté d'un ordre de grandeur. Ceci a donné lieu à un pic important et bien résolu du traceur, dont le passage dans les océans Arctique et Atlantique Nord par le "courant de boucle arctique", a été suivi par des mesures de séries chronologiques au cours des 25 dernières années. Ce signal de traceur robuste change rapidement; il a été utilisé en conjonction avec d'autres traceurs de gaz (par exemple CFC-11, SF6) et de radionucléides (par exemple 137Cs, 236U) pour calculer les distributions de temps de transit (DTT), fournir des échelles de temps pour les processus biogéochimiques et contraindre les échelles de temps de circulation et de mélange de l'eau pour une large gamme de masses d'eau à haute latitude.

Réglementation des déchets radioactifs, dossier de sûreté et rôle de l'iode 129
Conférencier invité : Dr Matthew Herod, Commission canadienne de sûreté nucléaire

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) est l'organisme de réglementation nucléaire du Canada, responsable de la certification et de la conformité de toutes les installations nucléaires au Canada. Cela comprend les installations de stockage et d'élimination des déchets radioactifs. À l'avenir, la CCSN évaluera la sûreté d'un éventuel dépôt géologique en profondeur (DGP) pour le combustible nucléaire irradié Canadien lorsqu'une demande de permis sera soumise. Les analogues naturels des DGP permettent d'étudier les principales caractéristiques de sûreté des DGP dans le monde naturel et d'évaluer leur performance au fil du temps géologique. Cette expérience est ensuite applicable à l'évaluation de la capacité des barrières naturelles et artificielles similaires dans un DGP proposé. L'un de ces projets étudie la production et le transport de l'iode 129 dans le célèbre analogue naturel de Cigar Lake, car le 129I est l'isotope clé qui suscite des préoccupations dans les évaluations de la sûreté des DGP, car il s'agit d'un produit de fission mobile présent dans le combustible nucléaire irradié.
La radioactivité dans l'environnement, le 20 avril 2021, 12h00 – 13h30 HAE
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Surveillance de la radioactivité dans l'environnement au Bureau de la radioprotection de Santé Canada
Conférencier invité : Dr Kurt Ungar, Chef, vérification et surveillance, Santé Canada

La surveillance de la radioactivité dans l'environnement au Bureau de la radioprotection (SC-BRP) de Santé Canada a considérablement évolué depuis 1995; d'abord par un programme de rationalisation comprenant des améliorations de la fiabilité de l'échantillonnage sur le terrain du réseau national, puis par l'incorporation d'un réseau mondial puissant fournissant des mesures quotidiennes d'échantillons d'aérosols radioactifs et de xénon radioactif à l'appui de la vérification du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, et enfin par l'établissement d'un réseau de dosimètres spectroscopiques en temps réel, configuré à l'échelle nationale et régionale pour améliorer la capacité de réponse aux incidents après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

L'intégration de la modélisation du transport atmosphérique et de la dispersion à haute performance d’Environnement et Changement Climatique Canada permet une utilisation multi-échelle des données environnementales de tous ces réseaux pour des évaluations opérationnelles efficaces des incidents majeurs qui libèrent de la radioactivité et l'évaluation de la situation radiologique générale au niveau national et international. L'approche comprend une caractérisation standard de la situation radiologique sur le site de la station du réseau, mais étend la capacité du BRP à la caractérisation des sources d'émission et de leur influence lorsque les données de mesure ne sont pas disponibles.

Capacités de Lalonde SMA pour la surveillance des matières radioactives dans l'environnement
Conférencier invité : Dr. Liam Kieser, Directeur, Laboratoire SMA André E. Lalonde

Les besoins analytiques d'organisations telles que le Bureau de la radioprotection de Santé Canada (SC-BRP) peuvent faire appel aux services de nombreuses unités opérationnelles du laboratoire Lalonde: gaz rares, actinides et produits de fission et radiohalogénures - ainsi que le système d'accélérateur. Cette présentation passera en revue les capacités et les détails de ces unités, en indiquant comment la conception du système d'accélérateur de 3 MV rend possible une haute sensibilité de mesure. Un exemple de surveillance atmosphérique de la radioactivité sur les filtres à air fournis par le BRP de Santé Canada sera décrit, ainsi que l'utilisation de ces données dans les calculs de rétro-trajectoire des masses d'air.
Le radiocarbone et l'archéologie canadienne, le 1 juin 2021, 12h00 – 13h00 HAE
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Comment sortir avec un pescatarien : Calibrer les dates radiocarbone de consommateurs mixtes marins-terrestres
Conférencière invitée : Dr. Alison Harris, boursière postdoctorale du CRSH, Memorial University

Les humains et les animaux ayant une alimentation mixte marine-terrestre posent depuis longtemps un problème pour la datation radiocarbone en archéologie. Les océans du globe sont appauvris en 14C, ce qui entraîne un décalage moyen de 400 ans entre les échantillons marins et terrestres contemporains datés au radiocarbone. Lorsqu'on travaille avec les tissus durs d'organismes marins, l'étalonnage est relativement simple, mais la situation est plus compliquée lorsqu'on travaille avec des organismes qui vivent dans l'environnement terrestre, mais consomment des ressources marines. Dans ce cas, le carbone atmosphérique et le carbone marin, qui diffèrent par l'abondance du 14C, sont tous deux incorporés dans les tissus du squelette. Cette présentation démontrera une stratégie efficace pour traiter les échantillons de collagène osseux provenant d'individus ayant un régime alimentaire mixte. À l'aide d'exemples tirés de l'archéologie de l'Atlantique Nord, cette présentation montrera comment l'analyse des isotopes stables du carbone et de l'azote peut être combinée à une modélisation statistique du régime alimentaire pour faciliter une calibration pondérée par rapport aux courbes marine et atmosphérique.

La datation au radiocarbone des coquillages marins : Implications pour l'interprétation archéologique
Conférencière invitée : Marisa Dusseault, candidate à la maîtrise, Memorial University

La compréhension des chronologies du peuplement côtier au cours de l'Holocène est souvent basée sur l'analyse du radiocarbone des coquillages marins récupérés sur des sites archéologiques. L'interprétation des mesures du radiocarbone des coquilles de mollusques bivalves marins dépend fortement de notre capacité à calculer avec confiance les effets des réservoirs marins locaux et à détecter la diagenèse dans les coquilles aragonitiques. Ceci a des conséquences sur la façon dont nous comprenons la variabilité intra-coquille du radiocarbone et sur la façon dont nous utilisons ces mesures du radiocarbone pour construire et interpréter les chronologies des sites archéologiques. Cette présentation s'appuie sur des exemples de la côte nord-ouest du Pacifique du Canada pour montrer comment nous pouvons accroître la confiance dans les dates de radiocarbone des coquillages marins.

Capacités analytiques du laboratoire AMS A.E. Lalonde à l'appui de la recherche archéologique
Conférencière invitée : Carley Crann, MSc, chercheuse scientifique, Laboratoire AEL SMA

Depuis l'installation du spectromètre de masse à accélérateur (SMA) 3MV au laboratoire AEL SMA en 2014, le laboratoire de radiocarbone a traité plus de 15 000 échantillons. Le premier rapport d'étape, Crann et al. (2017), décrit les protocoles de prétraitement standard pour les échantillons archéologiques qui se répartissent en grandes catégories : matières organiques (bois, charbon de bois, graines), collagène (os, dents, ivoire) et carbonates (coquille, et maintenant os calciné). Un traitement aux solvants pour les pièces ayant subi une conservation ou les tissus contenant des graisses est également employé. Diverses observations qualitatives et quantitatives à chaque étape du processus (prétraitement physique, prétraitement chimique, extraction de CO2, graphitisation, pressage, analyse SMA, résultats) donnent à notre personnel technique qualifié des indicateurs sur la qualité de l'échantillon, et ces informations sont incluses dans le rapport final avec les résultats de radiocarbone donnés en unités non calibrées et calibrées.

Les isotopes stables (δ13C, δ15N) sont des indicateurs de qualité importants pour le collagène et sont désormais analysés pour toutes les extractions de collagène. Avec l'installation prochaine d'un nouveau SMA dédié au carbone, appelé MICADAS, la capacité d'analyser de petits échantillons (<400 ugC) sera développée. Pour les archéologues, cela représente l'opportunité d'obtenir des dates précises de radiocarbone sur des échantillons qui étaient auparavant considérés comme trop petits, tels que des graines ou des forams individuels, ou des micro-échantillons de pièces de musée.

Les commentaires, les projets de collaboration et les idées de développement technique de notre communauté d'utilisateurs sont des moyens précieux d'aider le laboratoire de radiocarbone à continuer d'étendre ses capacités d'analyse et de servir la communauté archéologique selon les normes les plus élevées. Nous encourageons les visites virtuelles de groupe et d'autres initiatives visant à engager le dialogue avec notre personnel technique et de recherche. Même si nous ne pouvons actuellement pas recevoir de visiteurs au laboratoire, notre devise, "Nos portes sont toujours ouvertes", reste vraie !
L'analyse du tritium et les eaux souterraines, le 22 juin 2021, 12h00 – 13h00 HAE
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Rétablissement du tritium comme traceur moderne pour la datation des eaux souterraines dans le sud de l’Ontario
Conférencière invitée : Dr Elizabeth Priebe, Hydrogéologue, Commission géologique de l'Ontario

Le pic de tritium thermonucléaire de 1963 dans les précipitations était un marqueur temporel hydrogéologique clé, permettant d’estimer l’âge des eaux souterraines à l’aide d’une simple équation de décroissance exponentielle. Aujourd’hui, le pic de tritium a été assimilé par la désintégration et la dispersion, et en son absence, la datation d’âge ne peut être effectuée avec le tritium que si les échantillons d’eau souterraine sont également analysés pour son produit de filiation, l’3He. À l’heure actuelle, pour rétablir le tritium comme simple traceur, il faut connaître l’apport initial de tritium dans les eaux souterraines sous forme de précipitation ou de recharge. Les valeurs mensuelles à long terme des précipitations de tritium à Ottawa montrent que les concentrations moyennes annuelles sont constantes depuis le début des années 1990. Contrairement à Ottawa, on a observé que les concentrations de tritium dans les précipitations dans les zones près des centrales nucléaires en Ontario fluctuaient de façon significative avec le temps.

Dans cette étude, nous établissons une valeur d’entrée initiale du tritium pour n’importe quel endroit du sud de l’Ontario en interpolant les concentrations de tritium dans les eaux souterraines peu profondes et récemment rechargées. Les données sur le tritium et les détails des puits sont tirés de l’ensemble des données sur la géochimie des eaux souterraines ambiantes de la Commission géologique de l’Ontario (CGO). Depuis 2007, le programme de géochimie des eaux souterraines ambiantes de la CGO a permis de recueillir des échantillons dans 2 561 puits du sud de l’Ontario, offrant ainsi une excellente densité d’échantillons pour l’interpolation. Notre interpolation au tritium permet une fois de plus d’estimer l’âge des eaux souterraines à l’aide d’une simple équation de décroissance.

Techniques analytiques pour l'analyse du tritium au laboratoire AEL SMA
Conférencière invitée : Anthony Lapp, gestionnaire du laboratoire de gaz rares, AEL SMA

Les techniques d'analyse du tritium réalisées par le Laboratoire AEL SMA et leurs applications seront discutées, notamment: la SMA, le comptage par scintillation liquide, l'enrichissement électrolytique et la croissance de l’3He. Après l'interdiction d’essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère et la perte subséquente de tritium dans l'environnement, l'analyse du tritium nous oblige à atteindre des limites de détection de plus en plus basses. Néanmoins, le tritium reste un outil précieux pour la surveillance hydrologique et sera toujours d'actualité lorsqu'il sera question des activités liées au nucléaire.